Alain Souchon, de la vraie chanson francaise

Alain Souchon- variete
Alain Souchon l’été meurtrier

Alain Souchon âge ? 73 ans en 2019.

Alain Kienast est né 1944 au Maroc. A 7 ans sa mère (romancière) se remarie avec son ancien amant – nom Souchon, prof d’anglais – qui était le père biologique d’Alain, qui devient alors Alain Souchon. La famille s’installe à Paris. Le père est tué lors d’un accident de la route de retour de vacances familiales : Alain Souchon a 14 ans et en sera marqué on le comprend …

Les études n’intéressent guère le jeune Souchon, rêveur, aux mauvais résultats. Il est même renvoyé de plusieurs établissements. Alain Souchon part en pension en Suisse pour quelques années. Il n’aura pas été le seul artiste à ne pas être intéressé par les études, au moins telles qu’un élève peut les vivre : c’est plutôt la règle chez les stars françaises… (Florent Pagny, Maxime Le Forestier, Dominique A, Calogero, Etienne Daho, Marc Lavoine, Mylène Farmer, etc etc). Alain Souchon ratera par trois fois son bac … belle constance tout de même.

Alain Souchon part dans un lycée français en Grande Bretagne à 17 ans, il y reste peu de temps et vit de petits boulots pendant un peu plus d’un an. Il travaille en particulier la nuit dans des pubs. Il y découvre la musique anglo-saxonne, Rolling Stones, Beatles… . C’est dans un pub qu’il s’intéressera à la chanson en chantant notamment des chansons francaises.

C’est lycéen qu’il aurait eu sa première guitare.

Alain Souchon : les débuts

Revenu en France, Souchon se lance, imprégné des Boris Vian, Jacques Prévert, Georges Brassens ou encore Juliette Greco. Il écrit et chante dans de nombreux petits concerts ce qui lui permet d’être remarqué et de sortir un premier 45 tours. Il a 28 ans. Mais les débuts sont poussifs. Trois 45 tours chez Pathé Marconi qui ne marchent pas du tout, du tout.

Comme souvent ce sont les hasards (que l’on motive aussi) des rencontres qui font la différence. Car contrairement à d’autres chanteurs (Matthieu Chedid (M), Vanessa Paradis par exemple..), Alain Souchon n’est pas issu d’une famille qui lui fait bénéficier de ses relations.

Alain Souchon : le succès

acteur sur scène
Souchon

1 974 est l’année clé pour Alain Souchon. Il rencontre Laurent Voulzy, ils sont tous les deux sous contrat avec le même label. Souchon est alors à la recherche d’un arrangeur pour son album. C’est ensemble qu’ils réalisent le premier 33 tours qui connaîtra un grand succès : « Petite annonce » qui changera de nom pour « j’ai dix ans ». Souchon est plus enclin a écrire les paroles, Voulzy la musique, comme ce sera le cas pour le second album « bidon »: une belle complémentarité est née.

pas bidon Souchon !

Suivent alors d’autres énormes succès issus de cette collaboration. Le deuxième album « Bidon » en 1976 ne l’est certes pas (bidon bien sûr)! Michel Jonasz (écrit la musique d’une des chansons « le monde change de peau ».

« Jamais content » sort l’année qui suit. Les chansons telles que « Allo maman bobo », ou « Y’a d’la rumba dans l’air » sont d’immenses succès qui resteront dans les mémoires pour des décennies.

La collaboration est à deux sens avec Voulzy puisqu’en 1977, « Rockcollection » une chanson melting-pot de ce dernier, y voit Souchon écrire les paroles et Laurent Voulzy la musique.

Des tournées suivent, en première partie d’autres artistes.

Alain Souchon devient alors un incontournable de cette chanson française dans laquelle les textes sont aussi importants que la musique, surtout quand ils fusionnent. Il rejoint ainsi dans cette catégorie des Jacques Higelin, Michel Jonasz (voir article sur Jonasz) ou encore Yves Simon. Nostalgique, fragile, romantique, Alain Souchon illustre ce genre musical qui dénote avec le disco, le rock  ou le punk, alors en vogue.

Les albums se suivent

Les tubes vont se succéder au cours des années, conduisant Souchon à devenir un incontournable de la chanson francaise, inspirant des artistes de la génération d’après comme Vincent Delerm, ou encore Benabar.

musicien guitariste aussi
Souchon à la guitare

En 1978 sort le quatrième album « Toto 30 ans, rien que du malheur». Un album plus sombre que les autres mais qui contient encore quelques chansons tubes comme le « Bagad de Lann-bihoué ».

C’est en 1979, à 35 ans, qu’Alain Souchon connaît son premier Olympia, en vedette.

1980 et c’est l’album « Rame », pagaie, pas triste…

1983 : sixième album : « on avance » sort, et avec du recul on peut dire que la chanson du même nom a connu un très gros succès. Louis Chedid est co-compositeur de cette chanson. Michel Jonasz écrit la musique de « on est si beau ».

Souchon écrit le texte de la chanson de Voulzy : « Belle-île en mer », la complémentarité entre les deux amis est toujours aussi efficace.

1985 : nouvel album « c’est comme vous voulez », beaucoup plus rythmé que les autres avec synthé qui plus est, avec certaines chansons tristes, un peu sombres. « La ballade de Jim » en est le titre phare. Son clip sera le meilleur de l’année 86 aux Victoires de la musique.

Alain Souchon-scene
Alain Souchon

Des albums espacés et de grands succès

Les albums vont se succéder mais avec de longs silences entre eux.

En 1988, un album encore plus sombre sort : «Ultra moderne solitude ». La chanson phare est « Quand je serai KO » (signée Souchon). Elle sera la meilleure chanson originale des victoires de la musique pour l’année 1990. Alain Souchon dénonce dans l’album certains aspects de la société notamment. Souchon parle de l’album comme étant « strict, austère, un peu monacal ». En 1991, cet album décroche la Victoire de la Musique du meilleur album de l’année.

En 1993, 5 ans après le dernier album, Alain Souchon remporte un énorme succès avec l’opus « C’est déjà ça » comprenant la chanson « Foule sentimentale » ( Chanson des vingt dernières années  aux victoires de la musique) ou encore « l’amour à la machine » et « sous les jupes des filles ». Des arrangements plus dans le style Souchon, la guitare reprenant sa place. L’une des chansons aurait été écrite pour Amnesty International, l’organisation qui agit pour le respect des droits humains.

1999 : « Au ras des pâquerettes« . Sans lui lancer de fleurs, il est conscient des réalités : à ce moment, Souchon aurait dit : « Je ne sais pas si je saurais écrire d’autres chansons. J’ai mis cinq ans cette fois-ci. La prochaine fois, je vais mettre dix ans et ce sera ridicule… »

De longues interruptions d’albums pour Alain Souchon

Ce ne sont pas dix ans, mais 6 ans (2005) qu’il faudra attendre pour l’album suivant : « la vie Théodore » (Théodore Monod, un scientifique naturaliste, biologiste, humaniste et explorateur, spécialiste des déserts, avec plus de 1000 publications). Des thèmes désormais habituels sont abordés dans les paroles, comme cette société qui ne lui convient guère, l’amour … . Son fils et le fils de Voulzy sont impliqués en tant que compositeurs.

2008 vient avec peine le nouvel album, « Écoutez d’où ma peine vient« . Un album dans lequel Laurent Voulzy est impliqué. Le disque est triple platine…

2011 : « A cause d’elles », chansons de comptines que lui aurait chantées sa mère durant son enfance. Une chanson douce que lui chantait sa maman…

Alain Souchon-chanteur
Alain Souchon

Souchon une icône de la chanson francaise

En 2014, sort un album en duo avec Voulzy. Pas vraiment le meilleur album de collaboration entre les deux compères. Il se vendra cependant plus de 400 000 fois. Mais bof…

Alain Souchon-concert
Souchon sur scene

En 2017, les chansons de Souchon sont reprises par plusieurs stars de la chanson pour lui rendre hommage : « Souchon dans l’air du temps », avec entre autres, Benjamin Biolay, Vanessa Paradis, Maxime Le Forestier, M, Jean-Louis Aubert. Cette même année, c’est un duo avec Eddy Mitchell (voir article sur le rock francais), après l’avoir fait avec Johnny Hallyday.

Album en 2019

Alain Souchon-age
Alain souchon

A près de 75 ans, Souchon sort un album en 2019. Il le dit lui-même : il prend son temps pour écrire les chansons. Voulzy sera de la partie, mais aussi les deux fils d’Alain Souchon.

Souchon reste un chanteur avec un style bien à lui, associant fragilité, sensibilité, humour souvent au service de messages sur la société et la vie. Une allure post adolescence, une nostalgie omniprésente sont autant de ses caractéristiques. En un mot un artiste touchant, de grand talent, qui aura vendu une dizaine de millions de disques tout de même !

Alain Souchon acteur

Il aura été acteur dans plusieurs films. Pour la première fois avec Claude Berri (rien que ça…) dans « je vous aime » (80), en compagnie de Serge Gainsbourg et Catherine Deneuve ! Puis « Tout feu, tout flamme » de Rappeneau, et aussi et surtout « L’été meurtrier » (83) de Becker (ces deux films avec Isabelle Adjani), dans lequel il est remarquable.

Il joue aussi dans « l’homme aux yeux d’argent »  (85), « comédie » (87), avec Jane Birkin, « Jane B » (88) « Sans Plomb » en 2000.

Mais Alain Souchon ne se sent pas à l’aise en acteur. Il préfèrera se reconcentrer sur les chansons, on ne lui en voudra pas !

Il l’a dit

« Le rap ce n’est pas ma génération, pas ma culture … Ce sont des artistes talentueux, ils ont un flow, des textes souvent très forts et beaux … J’ai été élevé par Simon and Garfunkel, les Rolling Stones, ça n’a pas grand chose à voir »

Alain Souchon-sentimental
Alain Souchon attachant non ?

« En 68, je me disais que c’était bien de foutre le désordre, que le monde n’était pas très amusant à vivre : se lever, avoir un boulot, être jugé tout le temps. Il y avait quelque chose de très dur que la jeunesse cherchait à adoucir. On voulait se rouler dans l’herbe, fumer des pétards et rire. Je me disais que lorsque des types de la génération de Paul McCartney deviendraient présidents de la République, le monde serait plus doux. Ce n’est pas vraiment ce qui s’est passé. Il y a une immense roue qui s’est mise en route, que personne ne peut arrêter, à laquelle les hommes politiques sont accrochés. Ils sont, comme nous tous, ballottés par ce grand truc libéral, de mondialisation, cette idée qu’il n’y a plus que l’argent qui compte, la réussite financière. C’est ahurissant. Je suis ébahi par le monde tel qu’il va »

« Les chansons des gens que j’ai admiré énormément étaient beaucoup moins intéressantes quand ils étaient en fin de carrière. Donc j’ai peur que les miennes, ça soit pareil. Ça me fait peur d’écrire des chansons maintenant… Je trouve que les gens se laissent aller à la facilité du fait qu’ils ont eu du succès »

hypocondriaque Souchon ?

« J’avais un moment de libre, alors j’ai eu envie de faire un projet comme celui-là. Le cancer me fascine, on n’en connaît pas la cause, est-ce l’air qu’on respire, ce que l’on mange ? On en a peur. Je suis allé voir le professeur Lyon-Caen, qui me suit, parce que j’ai des migraines. Il est drôle, intellectuellement merveilleux. C’est lui qui m’a indiqué la Ligue contre le cancer. » Alain Souchon a donné de ses droits d’auteurs pour la lutte contre le cancer.

« J’ai commencé la voile parce que je suis trop maigre. Je m’explique : avec ma femme, nous avons une maison à la Trinité-sur-mer. Elle va à la plage avec ses copines. Moi, si vous me mettez un maillot de bain, tout le monde éclate de rire. Donc pour m’occuper, tous les étés depuis 15 ans, je fais le tour de la Bretagne sur un petit voilier, en général un Odyssey. »

Attachant Souchon non ?

Écrit par Serge Para

ma chanson française