Jacques Higelin cet enfant que je t’avais fait.

higelin« Cet enfant que je t’avais fait » date de 1967. C’est Brigitte Fontaine qui a écrit les paroles. Elle la chante avec Jacques Higelin, dans un dialogue bien difficile à établir, illustrant les difficultés à se comprendre, un homme s’interrogeant sur un enfant qui n’est pas venu, suite à un avortement ?

Il faut se souvenir qu’en 68 l’avortement posait question, l’homme étant par ailleurs bien souvent à l’écart de la décision sur ce sujet et pour cause… Deux lois en France (1810 et 1920) avaient fait de l’avortement un crime tant pour l’avorteuse que pour l’avortée et c’est en 1974 que la loi dite (Simone) Veil, légalise l’avortement.

Il a 27 ans Jacques Higelin. Il est alors très peu connu. C’est pour le film « les encerclés » que la chanson est écrite : douce, classique finalement, à ceci près que l’ambiance (et les textes) qui s’en dégage est troublante, interpelle sur la difficulté, voire l’impossibilité, de communiquer… surtout dans de telles circonstance, à une telle époque…

 

Les paroles de « Cet enfant que je t’avais fait »

« (lui ) Cet enfant que je t’avais fait
Pas le premier mais le second
Te souviens-tu ?
Où l’as-tu mis, qu’en as-tu fait
Celui dont j’aimais tant le nom
Te souviens-tu ?

(elle) Offrez-moi une cigarette
J’aime la forme de vos mains
Que disiez-vous ?
Caressez-moi encor’ la tête
J’ai tout mon temps jusqu’à demain
Que disiez-vous ?

(lui) Mais cet enfant, où l’as-tu mis
Tu ne fais attention à rien
Te souviens-tu ?
Il ne fait pas chaud aujourd’hui
L’enfant doit avoir froid ou faim
Te souviens-tu ?

(elle) Vous êtes tout à fait mon type
Vous devez être très ardent
Que disiez-vous ?
Je crois que je n’ai plus la grippe
Voulez-vous monter un moment
Que disiez-vous ?

(lui) Mais je t’en supplie, souviens-toi
Où as-tu mis ce bel enfant
Te souviens-tu ?
Je l’avais fait rien que pour toi
Ce bel enfant au corps tout blanc
Te souviens-tu ?

(elle) Ah vraiment tous mes compliments
Mais arrêtez je vous en prie
Je n’en puis plus
Vous êtes tout à fait charmant
Mais ça suffit pour aujourd’hui
Que disiez-vous ? »

Écrit par Serge Para

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