Grand corps malade, le slam Français

 

Grand corps malade le slam français
Grand corps malade le slam français

Grand corps malade – pour son nom de scène – et Fabien Marsaud pour son nom civil, est né en 1977, 42 ans en 2019. C’eest un rappeur à sa manière, un slameur en fait. Le slam c’est de la chanson parlée, déclamée et Grand Corps Malade sait ce qu’est la poésie et le texte en musique, incontestablement.

J’avoue qu’il m’a donné goût au slam, une forme de rap poétique, me faisant oublier les rappeurs business comme Maître Gims par exemple !

Une nouvelle fois, l’enfance ne dit pas tout mais explique pas mal de choses : pour bien écrire il faut sans doute avec bien écouté… C’est le cas pour Grand Corps Malade qui a été bercé par des Jean Ferrat, Georges Brassens ou encore Barbara. Son père était un haut fonctionnaire, ayant des choix politiques orientés vers le communisme.

Grand corps malade : un slameur en francais

Jeune, il voulait être sportif, c’eût été dommage pour la chanson francaise ! Il étudie pour devenir prof de sport. En 97, alors qu’il accompagnait une colonie de vacances en tant qu’éducateur, il a un grave accident en plongeant dans une piscine. Les médecins lui annoncent qu’il ne marchera plus ! Mais après une année d’intenses efforts, il peut ‘remarcher’ et pendant sa convalescence, il écrit et écrit. Attiré par le hip hop, il aurait pu faire du rap, mais il aura préféré le slam. Sa voix semble avoir été changée en partie du fait de la trachéotomie qu’il a subi… bonne conséquence pour mauvaise situation.

Il s’appellera Grand Corps Malade (GCM) en référence à ce pénible événement et ses conséquences.

Après avoir travaillé 4 ans au Stade de France en marketing, il se lancera dans la chanson.

Une extraordinaire histoire de volonté, de passion, de talent qui a permis de retourner une situation terrible en réussite géniale : bravo !

Dans le rap comme le slam, le message est important. Souvent, il écrit des textes engagés qui parlent de société, de racisme, voire de révolte ou de violences. Ils viennent tous deux – comme d’habitude – des Etats Unis ! Le slam serait né à Chicago dans les années 80 et se développe en France dans le milieu des années 90.

Les textes du sont déclamés dans les deux cas, voire chantés pour certains qui s’éloignent des bases (voir Orelsan par exemple). Mais le rap est plus rythmique, plus swing. Le slam est plus centré sur la poésie déclamée, plus théâtral, sans musique généralement, mais pas toujours… comme pour Grand Corps Malade.

Les débuts

C’est en 2003 qu’il aurait fait son premier slam en scène ouverte, place de Clichy.

Il fait des petites scènes, pas de « the voice » !, mais du terrain pour Grand Corps Malade. Il rejoint un collectif 129H. Il remporte ses premiers tournois de slam, le « Bouchazoreill » notamment, scène ouverte parisienne. Il anime alors des soirées slam pour promouvoir cet art collectif et crée « le cercle des poètes sans Intru » associé à sept slameurs (John Pucc’ et Droopy notamment). Grand Corps Malade participe aussi à l’association « Flow d’encre » et intervient dans les hôpitaux, les écoles, les Maisons des Jeunes et de la Culture.

Grand Corps Malade en concert
Grand Corps Malade en concert

Grand Corps Malade fait alors des premières parties d’Elie Semoun notamment ou encore de Cheb Mami devant le stade de France. Nous sommes en 2005.

Ah les rencontres, toujours les rencontres… Grand Corps Malade rencontre Jean Rachid, gendre de Charles Aznavour… dont les relations permettent à Grand Corps Malade d’être remarqué par un label ce qui le conduit à sortir le premier album en 2006 suivi de plus de 100 dates de concerts à travers la France: l’album Midi 20 se classe dans les 10 premières ventes : 500 000. Plutôt pas mal ! Il aura été parrainé par Charles Aznavour… ça aide aussi, mais ça ne suffit pas : il faut quand même du talent. Grand Corps Malade apparaît dans quelques émissions télé, il fait salle pleine à La Cigalle à Paris pour le voir. Des Victoires de la Musique suivent en 2007 : « révélation scénique » et « album révélation de l’année » et « révélation du public ».

Les albums s’enchaînent.

2008 et c’est le deuxième album « Enfant de la ville ». Sont impliqués les rappeurs Kery James et Oxmo Puccino. C’est l’occasion d’aller au Quebec.

2010 : Grand Corps Malade sort son troisième album, « 3ème temps ». Les textes sont plus engagés qu’avant. La Chanson « Roméo kiffe Juliette », titre qui paraphrase la pièce de Shakespeare, parle de deux adolescents qui s’aiment mais sont contraints par deux religions différentes (juive et musulmane).

Grand Corps Malade est en duo avec Charles Aznavour.

2013, quatrième album studio « Funambule » avec de nouveaux duos avec Francis Cabrel, Richard Bohringer mais aussi une collaboration avec Ibrahim Maalouf.

2015, album « Il nous restera ça » dans lequel Grand Corps Malade propose à plusieurs artistes de slamer. Un drôle d’album original qui associe Brassens et NTM, ou encore Renaud  dans « l’heure des poètes ». Mais ce sont aussi différents auteurs qui sont impliqués comme Hubert-Félix Thiéfaine.

Grand Corps Malade-album-plan B
Grand Corps Malade-album-plan B

2018, c’est l’album «  Plan B ». Un nouvel album qui n’a pas été plom B… et s’est envolé vers un nouveau grand succès après plus de 10 ans de carrière,

Engagé Grand Corps Malade

Toujours engagé, Grand Corps malade… mais sans qu’il donne vraiment de leçon de morale. La chanson « feu rouge » décrit une situation que nous connaissons sans doute, tous, régulièrement : tiraillés  entre la solidarité et le risque de se faire avoir par des mensonges… Une bien belle façon d’aborder l’aspect humain du problème des réfugiés et de ceux qui comme nous, vivent tranquilles dans notre pays, mais qui tentent tant bien que mal de les accueillir ou au moins de les accepter, sans vraiment comprendre ce qu’ils ont vécu.

« dimanche soir » est une des titres du plan B, une bien belle chanson dédiée à l’amour pour sa femme qui est un vrai plan A dans ce cas !

Grand Corps Malade est un vrai leader du slam poétique !

Grand corps malade : poète mais aussi écrivain et pas seulement

 

Patients le livre et le film
Patients le livre et le film

Grand Corps Malade a écrit « Patients » son premier livre en 2014. Il y parle de l’année de convalescence qu’il a vécu en centre de rééducation. Il y décrit des situations drôles et terribles, un monde parallèle mais tellement humain. « C’est assez ambigu, me replonger dans cette période m’a plutôt rappelé de bons souvenirs alors que ça a été l’année la plus dure de ma vie ». Un bon patient c’est celui qui sait patienter ! … et supporter l’insupportable !

Grand Corps Malade écrit, en 2017, la musique du film « patients » qu’il co-réalise. Il s’agit d’une comédie un peu dramatique quand même qui adapte son roman à l’écran.

 

Il soutient Ségolène Royal lors de sa campagne présidentielle de 2007 et « chante » pour elle lors d’un de ses meetings.

Grand Corps Malade est notamment le parrain de l’association ‘Sourire à la vie’ qui cherche à aider les enfants atteints d’un cancer: bref il s’implique Grand Corps Malade.

En 2010, on entend Grand Corps Malade dans un album du groupe corse I Muvrini .

Et plus encore…

Il l’a dit

Grand Corps Malade sur scène
Grand Corps Malade sur scène

« Je viens du slam. C’est un art a capella, c’est un art live, il faut qu’il y ait un auditoire pour qu’il y ait du slam. Pour moi, ça n’a pas de sens de dire que c’est un disque de slam parce qu’à partir du moment où ce n’est plus de l’a capella, à partir du moment où ce n’est pas du live, à partir du moment où ce n’est pas le partage de la scène avec plein d’autres slameurs, pour moi ce n’est plus vraiment du slam … Je suis un slameur qui a un projet musical… ».

Plan B :

« … retour a un album plus perso, plusieurs humeurs … légères et plus graves … ce sont mes humeurs des trois dernières années…. Il y a des beaux plans B, la musique n’était pas mon plan à la base… ».

« …je confirme que le slam à l’école, dans les petits bars … » est très populaire,

dit Grand Corps Malade lui qui a agit pour la découverte du slam, en particulier auprès des jeunes dans les écoles.

Écrit par Serge Para

ma chanson française