Michel Jonasz, la chanson jazz et blues

le chanteur sur scène
Michel Jonasz sur scène

Michel Jonasz est un bien sûr un chanteur, mais aussi un auteur et compositeur, et un acteur et un éditeur et …. Il est né en 1947 près de Paris.

Ses parents ont immigrés de Hongrie vers la France. Ils sont tous deux coiffeurs, puis son père devient représentant de commerce. Son père joue du violon en amateur. Rien de bien solide pour mettre le pieds à l’étriller du futur artiste, pas de famille proche dans la musique (contrairement par exemple à M )

La musique n’est pas loin non plus, car en famille, le dimanche, les Jonasz vont écouter de la musique tzigane chez les grands-parents.

 

la musique avant tout

Il veut être artiste. Peintre tout d’abord, il prend alors des cours. Puis il suit un cours d’art dramatique dans une Maison des Jeunes et de la Culture, dans laquelle sa soeur était déjà inscrite.

Comme d’autres l’ont fait, Michel Jonasz quitte l’école à 16 ans. Il faut de la volonté pour choisir sa voie et sortir de celle toute tracée qui s’écrit toute seule ou qu’on écrit pour vous… (voir Vanessa Paradis, Emmanuel Moire, Maxime le Forestier ou encore Mylène Farmer). Ses parents ne s’opposent pas à cette décision. Jonasz écoute beaucoup Jacques Brel et Georges Brassens en particulier, mais aussi, Ray Charles et autres chanteurs rhythm’n’blues

Il veut devenir artiste. Ce sera pianiste dans un premier temps et beaucoup plus par la suite !

Michel Jonasz a tout à fait bien réussi à associer pop d’une part et jazz, blues, d’autres part, dans la chanson française. Un peu comme l’a fait à sa façon Claude Nougaro.

Jonasz, les débuts

A 18 ans, Jonasz joue du clavier dans un groupe, puis crée lui-même un groupe Les Lemons, avec un ami Alain Golstein guitariste. Ils sévissent dans des dancings, des clubs. Michel Jonasz commence alors à chanter. Le groupe connaît un beau succès à la radio avec deux titres« Apesanteur » en 1967 et « Jezebel » en 1968.

En 1967, Michel Jonasz enregistre un premier 45t, sous le nom de King Set, dans le cadre d’un nouveau groupe monté avec son ami Alain Golstein.

Le titre « Apesanteur » ainsi que d’autres titres, dont certains écrits par Michel Jonasz, sont radiodiffusés.

Le groupe de sépare et Michel Jonasz sort deux autres 45 tours sous le pseudonyme de Michel King Set.

Le succès n’est pas encore au rendez-vous, il faut bien vivre. Il joue par exemple comme pianiste dans une tournée de Christophe.

Michel Jonasz sort sous son nom propre un nouveau 45 tours en 1969. « Adieu la Terre », mais ce n’est toujours pas … Bonjour le succès ! Puis en 71 et 72, deux autres 45 tours, succès limité. Michel Jonasz se lance en solo sur scène et fait une tournée. Il est aussi en première partie de « Stone et Charden », à l’Olympia en 1972… pas si mal quand même.

Jonasz aux multiples facettes
Jonasz aux multiples facettes

 

En 1974, le premier 33 tours vinyle.

Deux titres sont de beaux succès : « Dites-moi » dont il a écrit la musique et « Super Nana » de Jean-Claude Vannier. Sur les ondes radios, tout va bien, mais les ventes de disques ne suivent pas.

Un nouvel album « Changez tout », en 1975, voit Michel Jonasz s’affirmer comme compositeur. Il n’a pas de formation musicale, mais un très bon feeling, et une très bonne oreille.

 

 

 

Michel Jonasz : chanteur à succès

Suivent alors des autres tubes. « Je voulais te dire que je t’attends » sera repris notamment par Diane Dufresne. En 2015, il continue à faire les premières parties de tournées de Véronique Sanson et Mireille Mathieu.

Michel Jonasz aura fait son parcours du combattant. Un bon combattant mais sur un terrain bien difficile, sur lequel il aura avancé pas à pas. Comme nous le disons pour d’autres chanteurs, il faut s’accrocher !

Jonasz : l’année du décollage

1977 est sans doute l’année du décollage pour Michel Jonasz, avec un nouvel album. Les titres « Du blues, du blues, du blues », et « j’veux pas qu’tu t’en ailles ». Jonasz a écrit paroles et musiques, après s’être séparé de son parolier historique, Jean-Claude Vannier.

Enfin, il est en vedette au Théâtre de la ville à Paris. Il le dira lui-même, cette année là fut celle du déclic. Il se sent à l’aise après 10 années de chemin parcouru avec difficulté, dans le monde de la chanson française.

En 1978, il écrit un cinquième 33 tours, « guigui ». Le style Jonasz est maintenant bien établi : le blues et le jazz couplé à la variété de qualité

Michel Jonasz et la scène

Michel Jonasz sur scène
Michel Jonasz sur scène

Les albums se suivent et la scène avec. Il connaît un triomphe à l’Olympia en 80, année 80 qui donne le titre à un album « les années 80 commencent ». C’est un 7ème album, avec « J’t’aimais tellement fort que j’t’aime encore » et « les Fourmis rouges« , « Joueurs de blues » un swing marqué. Et c’est un premier disque d’or.

1983 et c’est l’album « Tristesse » qui sort. On y trouve « Minuit sonne« , « Rock à gogo » et « Lucille ». Olympia, tournée en France, Belgique, Suisse… ça devient une habitude pour Michel Jonasz.

 

Michel Jonasz Unis vers ?
Michel Jonasz Unis vers ?

Et bien sûr arrive l’album parmi les albums à savoir « Unis vers l’uni« . Il le dédie à sa fille Anna qui est naît en fin 84. Les titres inondent les radios, « La boîte de jazz » en particulier. Le palais des sports de Paris est comble pendant plusieurs semaines. Et ce sont les Victoires de la Musique : interprète de l’année, meilleure chanson « la Boîte de jazz », meilleur réalisateur d’album. Pas mal !

Manu Katche à la Batterie, Jean-Yves d’Angelo au clavier, les complices reprendront ce même spectacle plsu de 30 après, ensemble lors d’un grande tournée (voir article sur le concert 2018 à la Seine Musicale).

En 1987, Michel Jonasz se lance dans la création d’un spectacle original « La Fabuleuse histoire de Mister Swing« . Il s’agit de la vie d’un musicien, lui ?. C’est le Casino de Paris puis une tournée. Un disque live s’ensuit en 1988 qui sera récompensé aux Victoires de la musique comme meilleur spectacle de l’année.

Michel Jonasz toujours plus d’albums

Et les albums défilent comme les années :

1992, nouvel album… « Où est la source ? ». Il est enregistré à Los Angeles et réuni plusieurs grands musiciens californiens.

1996, nouvel album « Soul Music Airlines ».

2000, nouvel album « Pôle Ouest ». Il est enregistré dans son home studio privé. Au cœur du Marais à Paris. Plus intimiste que les précédents, on y retrouve la marque originelle de Michel Jonasz : jazz, blues, soul, swing au service de la belle chanson française. Suit une tournée de 200 dates ! rien moins que cela ! sans oublier l’Olympia bien sûr !

2002, nouvel album « Où vont les rêves ». Un quatuor simple pro et efficace constitué de Lionel Fortin au piano, Steve Gadd à la batterie et Etienne Mbappé à la basse. S’enchaînent les titres nostalgiques (« Vieux style », « Grand-père », « Mélancolie ») ou classique swing blues (« Le rhythm and blues« ).

2005, nouvel album oh ? oui oui mais sans titre ! plus une tournée qui suit.

Des reprises de chansons aussi

2007, nouvel album avec titre (ouf !) : « Chanson française« . Pour une fois Michel Jonasz reprend des classiques de Georges Brassens – « Les Copains d’abord« , « Les Amoureux des bancs publics« ) – , de Prévert-Kosma -« Les Feuilles mortes« -, d’Edith Piaf – « La Foule » » -, de léo Ferre -« Avec le temps« , « La Mémoire et la Mer » -. Il chante une chanson qu’il a composée à la mémoire de Léo Ferre « Léo ». Il reprend des titres de Claude Nougaro (pas étonnant non plus …) – « Armstrong » -, de Jacques Brel – « La Chanson des vieux amants« , « Fernand » -.

2011, nouvel.. album « Les hommes sont toujours des enfants« . Un peu de nostalgie toujours dans le style de Jonasz. 3 ans de tournée s’ensuivent ! Il faut du courage pour bourlinguer comme ça !.

Bien sûr, il y eut de nombreux albums live et compilations, au fil de la carrière de Michel Jonasz. En particulier pour les derniers :

2013 : « Les Hommes sont toujours des enfants sur scène »

2017 « Michel Jonasz Quartet »

etc, etc, etc et etc.

Et Jonasz continue…

Et Jonasz continue : spectacle fin 2018 à La Seine Musicale, 2019 au Palais des congres sud, à l’espace de la Faiencerie à Boulogne Sur Mer etc… Il a 72 ans… mais qui l’arrêtera ? Personne car on apprécie son style unique. De belles chansons dont on se souvient toujours, de vraies références pour la chanson française tendance jazzy, blues et swing, bossa.

Jonasz l’acteur et l’écrivain

Michel Jonasz est aussi acteur et écrivain ! On ne reprendra ici que quelques exemples seulement !

Jonasz l’acteur …

Dès 1964, on le voit en tant qu’acteur « Le temps viendra » de Romain Rolland, ou aussi « Rosa Rosis » de Claire-Lise Charbonnier

En 1979, Michel Jonasz il apparaît dans une pièce de Didier Kaminka « Toutes les mêmes sauf maman » à la Gaîté Montparnasse. Il était a intervenu de façon discrète précédemment dans « Rien ne va plus », un film de Jean-Michel Ribes.

Avec Frank Cassenti, on le retrouve dans « Le Testament du poète juif assassiné » selon le roman d’Elie Wiesel. Ah les racines, culto culturelle, difficile de s’en séparer ! Le film est tourné en 1986.

1999, et on le voit dans un téléfilm, « Fugues » de Marion Sarraut ainsi que dans un long métrage « Lisa » de Pierre Grimblat, avec Jeanne Moreau.

2003, il tourne dans « Le tango des Rashevski » de Simon Rashevski et encore « Dalida » de Joyce Bunuel.

C’est ensuite le film « Rue Mandar »(2013) et d’autres films pour le cinéma et la télévision.

2016, « Dieumerci » est une comédie de Lucien Jean-Baptiste puis « Il a déjà tes yeux ».

2017, « Baby Phone » du réalisateur Olivier Casas, puis « les Fantômes de la rue Papillon », au théâtre du Gymnase Marie-Bell à Paris. Il y interprète un vieux juif mort en 1942 faisant la connaissance d’un jeune arabe tué par un policier en 2017. Pas mal que de tenter de rapprocher les cultures !

… et aussi l’écrivain

Michel Jonasz se lance ensuite dans un nouveau projet : écrire une pièce de théâtre, au centre : son grand-père maternel, disparu à Auschwitz. La pièce « Abraham » reprend le nom de son grand-père. Il la met en scène et enregistre en Hongrie, inspiré de musique tsigane. Pendant près d’un an en 2009 et 2010, il joue en solo au théâtre de la Gaîté-Montparnasse, à Paris, Osé  et courageux !.

Jonasz le compositeur

Jonasz aura composé pour d’autres chanteurs ou films, et entre autres …

Avec Gabriel Yared, ils écrivent et composent trois albums pour Françoise Hardy. En 1978, le titre « j’écoute la musique Saoule » connaît du succès alors même que le disco bat son plein, même si elle de sera pas vraiment satisfait de ces albums semble-t-il : éloigné de la chanson française? Trop hardi pour Françoise ?

En 1980, il compose une musique du film de Jacques Monnet, « Clara et les chics types ».

En 1989 ; la musique du film « Miss Missouri » de Elie Chouraqui.

Michel Jonasz l’éditeur !

Mais ce n’est pas tout ! Atypique Michel Jonasz, car il lance sa propre maison d’édition.

Il le dit lui-même :

« Voilà plus de 15 ans que je me suis investi dans l’édition et que j’ai créé ma propre maison, avec l’envie d’y développer les thèmes qui depuis toujours sous-tendent ma création et qui me sont essentiels : la connaissance de soi, la spiritualité et le développement personnel. Grâce à Caroline Liborio – directrice d’édition, une dizaine d’ouvrages ont déjà été publiés… .»

Nous reprenons ici une partie de ce que dit le site des Editions Michel Jonasz. Elles ont vu le jour en novembre 2001, initialement créées afin de publier les recueils de textes de Claire Montello.
Depuis, la maison édite 1 à 2 ouvrages par année, en fonction des coups de coeur de Michel Jonasz et de la directrice d’édition.

Michel Jonasz… éditeur en plus !
Michel Jonasz… éditeur en plus !

Michel Jonasz l’engagé

Michel Jonasz sait aussi s’engager même si ce n’est pas sa marque de fabrique contrairement à d’autres (voir l’article chanteurs engagés)

Bien sûr ses origines juives l’ont conduit à porter des messages sur ce que les juifs ont vécu, mais pas seulement.

Il est notamment parrain de l’Association « 1 pour tous, tous pour l’autisme ».

Il a chanté à Bercy pour soutenir l’organisation de défense des droits humains, Amnesty International, en compagnie de Peter Gabriel, Sting et Tracy Chapman.

Michel Jonasz a aussi été un des participants à un concert de soutien au profit de Sol En Si (Solidarité Enfant Sida).

Il l’a dit

Sioniste, il le dit : “Des gens disent “je suis antisioniste mais pas antisémite”. C’est faux. L’antisionisme peut être très proche de l’antisémitisme, très proche (…) [Benyamin Netanyahou] représente Israël donc représente tous les Juifs du monde.”

Il l’écrit :

« Je tiens à dire quelque chose : le mystérieux ne m’intéresse pas,
l’occulte, le magique, le surnaturel n’ont pour moi aucun intérêt.
Le channeling, les médiums, les entités qui nous disent par l’intermédiaire
de certaines personnes ce qu’il faut faire ou ce qu’il va se passer,
tout cela n’a aucun intérêt en soi. Le fait de savoir si on se réincarne ou pas,
si l’on a une vie ou 3000 ne changera rien à ce que je suis.
Qu’est-ce qui peut changer ce que je suis et d’abord est-ce que j’ai envie de changer,
ou est-ce que je suis bien comme ça ?
Ça c’est important et il y’a autant de réponses que d’individus ;
mais je crois qu’une partie de la réponse est commune à tous les êtres humains.
J’ai besoin de progresser, d’avancer, de casser mes limites, de ne pas me laisser
enfermer.
J’ai besoin de progresser parce que j’ai soif de connaissances ou de liberté.
Ou bien je ne sais pas pourquoi mais je sais qu’il le faut.
Ma réponse à moi c’est qu’il le faut sinon on meurt.
Et chacun sait ce qui peut le faire progresser.
Ça peut être une rencontre, un voyage, un livre, tout ce qui peut nous mettre à l’épreuve,
la joie, la douleur, tout ce qui peut nous obliger à nous regarder vraiment en face,
tout ce qui nous aide à dévoiler notre vérité intérieure.
 Voilà pourquoi je chante.
Et j’ai envie d’essayer d’être un éditeur de textes qui me semblent pouvoir jouer ce rôle. »

Écrit par Serge Para

ma chanson française

 

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