Georges Brassens la mauvaise réputation

La réputation de Georges Brassens passe par sa pipe légendaire
Brassens et sa pipe légendaire

On retrouve dans la réputation de Georges Brassens ses opinions libertaires principales , sauf l’anticléricalisme qu’il aura laissé à d’autres chansons. (voir l’article sur « les copains d’abord »)

Ce titre apparaît dans un album en 1952 ,éponyme.

Surprise cependant, concernant les paysans… les culs-terreux ne sont pas vraiment valorisés, surtout avec cette expression qui n’est pas à leur avantage, trop conservateurs sans doute. Peut être pour Georges Brassens, un mot utilisé pour la rime, quoique.

Au-delà de cette remarque, Brassens, le libertaire, apparaît clairement dans les paroles de la chanson : les conventions, les biens pensants qui ne supportent pas qu’on suive une autre route qu’eux, sont pointés du doigt. De même l’armée est malmenée et enfin une empathie pour la pauvreté y est exprimée, pauvreté qui conduit à des actes qu’il faut pardonner. Une musique qui ne s’oublie pas sur des paroles qui bousculent, ainsi va la réputation de Georges Brassens.

Cette chanson de Brassens est interdite d’antenne à sa sortie, pas trop étonnant pour l’époque finalement : le Comité de la Radiodiffusion Française, le décide !

La mauvaise réputation de Georges Brassens interdite?

Mais qu’y avait-il donc comme « antenne » et radiodiffusion en 1952 ?

La télévision était en noir et blanc (couleur à partir de 1967 eh oui !), et il y avait 60 000 postes de télévision en France en 1952 (en très forte progression) principalement à Paris…La télévision est monopole d’état et n’avait pas de concurrence (sauf dans quelques rares régions captant les chaînes étrangères). En tout il y a …1 chaîne ! Et il faudra attendre 1964 pour que la télévision ne soit plus sous le contrôle d’un … ministère de l’information. Il est certain que la liberté prônée par Brassens avait du chemin à faire….

Quant aux radios… ce n’est pas encore au temps des radios libres, ouverture voulue par le Président Mitterrand après 1981 (qui avait été lui-même ministre de l’information !). Les ondes radios sont aussi monopoles d’état en 1952.

Interdire une chanson libertaire n’était pas très difficile alors!

Un beau scandale que cette chanson de Georges Brassens pour l’époque, qui s’est fait à cette occasion une … réputation qui ne le quittera plus. Libérer la liberté n’était pas encore d’actualité mais allait progresser pour aboutir à 1968, et « la mauvaise réputation » de Brassens, finalement, allait dans le sens de l’histoire, peut-être même a-t-elle influencé l’histoire. Ainsi vont les grandes chansons françaises et chanteurs engagées.

Voici les paroles de « La mauvaise réputation»

Pour l ‘écouter :

Au village sans prétention
J’ai mauvaise réputation
Que j’me démène ou qu’j’reste coi

J’passe pour un je ne sais quoi

Je ne fais pourtant de tort à personne
En suivant mon chemin de petit bonhomme
Mais les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux
Non les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux
Tout le monde, médit de moi
Sauf les muets, ça va de soi

Le jour du 14 juillet
Je reste dans mon lit douillet
La musique qui marche au pas
Cela ne me regarde pas

Je ne fais pourtant de mal à personne
En n’écoutant pas le clairon qui sonne
Mais les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux
Non les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux
tout le monde, me montre au doigt
Sauf les manchots, ça va de soi

Quand j’croise un voleur malchanceux
Poursuivis par un cul-terreux
J’lance la patte et pourquoi le taire
Le cul-terreux s’retrouve parterre

Je ne fais pourtant de tort à personne
En laissant courrir les voleurs de pommes
Mais les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux
Non les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux
Tout le monde se rue sur moi
Sauf les culs de jatte, ça va de soi
Pas besoin d’être Jérémy
Pour d’viner le sort qui m’est promis
S’ils trouvent une corde à leur goût
Ils me la passeront au cou.

Je ne fais pourtant de tort à personne
En suivant les chemins qui n’mènent pas à Rome
Mais les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux
Non les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux
Tout le monde viendra me voir pendu
Sauf les aveugles, bien entendu !

Écrit par Serge Para

ma chanson française